Dans cette aventure qui nous amène à s’engager à la poursuite de nos rêves, apprendre à composer avec le doute de soi constitue une étape fondamentale, sans laquelle les rêves resteront des rêves et notre vie un statut quo. Toutes les femmes, quelles qu’elles soient, vivent avec cette petite voix du « pas moi ». Pour certaines, c’est leur compétence qui est en jeu, elles n’en savent pas assez… les autres vont finir par s’apercevoir qu’elles ne sont pas compétentes… elles ne peuvent pas prendre la parole en public… etc. Pour d’autres c’est leur apparence extérieure, trop grande… trop petite… pas assez etc…
Toutes les femmes sont habitées par cette petite voix qui les critique. C’est comme une sorte de musique « back ground » dans notre tête avec laquelle on s’est habituées à vivre.

Ce qui est important ce n’est pas de se demander d’où vient cette voix (bien que ce soit intéressant, même passionnant) mais plutôt comment je peux vivre avec elle sans qu’elle ne soit pas un obstacle dans ma vie? Parce que la voix du doute de soi peut être extrêmement destructrice :

• Elle me dit des choses que je n’oserais jamais dire à personne (tu es tellement conne tellement laide et grosse, tu ne réussiras jamais rien, pourquoi c’est pas toi etc. etc.)
• Elle se moque méchamment de moi.
• Elle n’a aucune nuance, tout est toujours blanc ou noir, super ou imbuvable. Tous les tons de gris entre le noir et le blanc? Cette petite voix ne connaît pas ça!
• Elle répète toujours les mêmes choses (t’es pas bonne là dedans, c’est pas ta force, t’es pas à la hauteur, les autres ont compris!)
• Elle porte des jugements sans appels et sans discussion!
• Elle m’entraîne facilement vers des scénarios de catastrophe où le pire se produit tout le temps!
• Elle ne me trouve jamais prête, elle veut toujours se préparer à être parfaite, sans quoi elle ne veut pas que j’avance!

Parce que le coût de cette petite voix peut aussi être extrêmement élevé. Pensez aux emplois bien rémunérés non postulés, aux livres ou aux chansons non écrites, à la conférence non prononcée, aux collaborations non exercées, aux opportunités non prises, aux entreprises non-démarrées etc. etc.

Le problème c’est que cette voix me dit qu’elle est là pour me protéger, pour m’éviter de faire des erreurs, comment ne pas écouter la partie de moi-même qui veut me protéger???

Il est vrai que suivre son appel intérieur et vouloir poursuivre ses rêves nous place dans une position de grande vulnérabilité. Quand on commence à envisager de faire ce qui nous tente le plus sur le plan professionnel par exemple (parce qu’une autre petite voix nous y appelle) on se sent vite inconfortable parce que pour y arriver, je dois sortir de ma zone de confort….et avancer vers l’inconnu.

Le problème c’est que, quand on commence à se sentir inconfortable, on est portées à interpréter cette sensation comme un signal que la direction n’est pas la bonne.
Et me voilà confuse, laquelle des deux voix je dois écouter, celle qui veut me protéger ou celle qui m’attire vers d’autres horizons?

S’entraîner à faire la différence entre ces différentes petites voix et pouvoir dire « oh! j’entends la voix de mon auto-critique maintenant » tout en poursuivant sa route, est une attitude essentielle à développer pour être capable d’oser!

Comment faire, moment par moment, quand le doute de soi s’exprime à travers la petite voix qui prétend me mettre en garde?

1. Prenez note et identifiez. Quand vous entendez cette petite voix vous pouvez simplement vous dire « Tiens, c’est ma petite voix d’auto-critique » qui parle. Le fait de l’identifier crée déjà une distance salutaire et lui enlève du pouvoir sur vous.

2. Faites une différence entre votre « moi » et la voix de l’auto-critique. Vous pourriez vous dire par exemple, tiens ma petite auto-critique est en crise. Plutôt que de vous dire, j’ai vraiment peur. En séparant votre « je » de cette petite voix, vous commencez à la percevoir comme quelque chose d’extérieur à vous, comme si c’était une fréquence externe qui se rendait jusqu’à vous, mais qui n’est PAS vous.

3. Créez une personnalité qui représente votre petite voix. Une technique très puissante consiste à créer une personnalité qui représente cette partie de vous qui ne veut absolument rien changer. Vous pouvez même lui donner un nom. Dans mon cas elle s’appelle Gilberte. Quand vous donnez une personnalité à votre petite voix, vous la distanciez de vous. Vous vous passez le message subliminal que cette petite voix n’est pas vous mais plutôt une personnalité extérieure à vous qui a ses propres travers.

4. Ayez de la compassion pour cette partie de vous qui veut vous protéger. Quand votre petite voix se fait entendre vous pouvez lui demander : « Qu’est-ce que tu essais de faire maintenant, de quoi tu veux me protéger? » Ainsi un dialogue avec la partie de vous qui est critique peut s’amorcer, vous pouvez lui demander ce qui lui fait le plus peur et elle vous répondra. Soyez à l’écoute. L’important est de distancier cette petite voix de celle de votre nature profonde qui s’exprime elle aussi. Vous pouvez la remercier de prendre soin de vous et lui dire que c’est ok, vous avez bien évalué les différents paramètres.

5. Gardez le sens de l’humour! Vous pouvez vous amuser à voir l’absurde ou le drôle de la situation, ça aussi cela crée de la distance!

6. Sortez votre critique intérieure de la scène. Une bonne façon de faire est de vous lever et de marcher et d’imaginer qu’elle marche dans une autre direction. Où mettez là dans quoique ce soit qui fait du sens pour vous et qui s’éloigne de vous. Vous pouvez imaginer que vous la mettez dans une boite que vous congelez ou dans une fusée qui s’envole vers la planète mars. Pourquoi pas?

7. Imaginez simplement que vous baissez le volume ou que vous syntonisez un autre poste. Voyez le bouton du volume dans votre tête et imaginez que vous l’amenez doucement à zéro. Votre petite voix négative n’est plus audible. Ou imaginez que vous captez un autre poste et que cette voix est tout simplement remplacée par de la musique.

L’idée n’est pas de la faire disparaître, elle reviendra, c’est sûr. L’important c’est de jouer avec elle et ne pas lui donner toute la place et tout le pouvoir sur vous qu’elle demande. L’essentiel de ces techniques est de créer une distance entre votre être profond et cette partie de vous (qui origine de votre cerveau ancestral). Le problème c’est que la voix de l’auto-critique parle toujours plus fort que la voix de votre nature profonde qui aspire à autre chose. Si vous n’arrivez pas à diminuer l’intensité de la voix de l’auto-critique, vous n’entendrez jamais l’autre. Elle est si douce qu’elle est à peine audible. Elle s’exprime de nombreuses autres manières dans votre vie, mais ceci est un autre sujet.

Demandez-vous si le vertige est dangereux? Il est envahissant, handicapant et peut vous empêcher d’atteindre le sommet mais en soi, le vertige n’est rien qu’un instinct de protection n’est-ce pas? En réalité il n’existe pas. La petite voix de l’auto-critique est une sorte de vertige. Et comme le vertige, elle ne vous aidera jamais à avancer, bien au contraire, elle vous fera reculer, c’est son but. Pour oser aller vers des sommets inexplorés de soi-même il faut accepter l’inconfort du vide et l’apprivoiser, et ce, quoiqu’en dise votre petite voix auto-critique.

Liste d'envoi
Soyez informé de ce qui se passe sur Femmesquiosent.com
Ne plus afficher cette fenêtre